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Carnet d’Indochine du Lieutenant Robert G.

mercredi 7 janvier 2009

6 Janvier 1946 - Embuscade de nuit : coup de l’enclume ! - Des renforts sérieux continuent à débarquer à Saigon – Je vois arriver à Cho Moi, 40 artilleurs de DCA de la 9° D.I.C, débarqués hier, qui doivent m’y relever – Un seul point noir : leur mouvement a été si précipité que leurs munitions sont restées en cale !

7 Janvier 1946 - Rapide descente dans la matinée à Saigon par la R.C.1 ( Ba Quao) et le marché : un peu plus d’animation qu’il y a 15 jours ; les pousses commencent à réapparaître - Je remonte à Cho Moi à midi pour repartir immédiatement en opération de nettoyage avec 2 sections (Lt Bretin) – Progression pénible jusqu’à la gare de Trung Chanh, dans une zone très broussailleuse, aux habitations très dispersées qui rendent les liaisons difficiles – Quelques rebelles tués – Capture de papiers, insignes, munitions du Viet Minh – Retour à 19h00 -

8 Janvier 1946 - Le commando léger doit effectuer prochainement, groupés, des opérations dans la boucle de la rivière de Saigon – Regroupement du commando 4 à Cho Moi – Je passe le poste aux artilleurs -

9 Janvier 1946 - Départ en camions à 10h00 – Passage en camions à Trung Chanh, Ah Dôn (où les 1er et 2e Cdos ont été sérieusement accrochés avant hier) – Installation des plus sommaires sous les hévéas, en pleine nature, à un carrefour de routes où nous retrouvons le P.C du Bataillon et le 2e commando – Nombreux abattis – Pas d’eau -

10 Janvier 1946 - Départ avant l’aube, en opération de nettoyage – le 4e commando est en avant garde du groupement – Très vite, nous sommes obligés d’abandonner les chars qui nous accompagnent, stoppés par de très nombreux abattis – Progression dans les rizières : les rebelles retranchés derrière les multiples arroyos qui coupent le pays nous retardent sérieusement Ma section, détaché sur le flanc droit, rejoint le reste du commando à 13h30 – Fort engagement, à 14h, au pont coupé de Nhi Binh – Appuyée par des mortiers et un groupe de mitrailleuses, malgré une sérieuse riposte adverse, et au prix d’un bain forcé, ma section passe la première – 1 Km après le village de Ah Nhut, nous prenons contact avec un groupement de fusiliers marins, débarqués d’une canonnière et qui, bien qu’au courant de nos difficultés, nous ont attendus l’arme au pied – Plus au sud, les 2e et 5e commandos ont également rencontré de fortes résistances dans leur progression vers le Nord -

11 Janvier 1946 - Installation à Nhi Binh – Nombreuses traces (tracts, affiches, matériel varié) du séjour des Viet Minh qui y avaient jusqu’à ces derniers jours un P.C important – La communauté catholique, importante autrefois, est actuellement dispersée ; le curé a disparu, probablement réfugié en brousse – Belle église, légèrement endommagée par les tirs de mortiers – Dégagement des abatis faits sur la route, toute la matinée ; dans l’après midi, des prisonniers japonais viennent poursuivre le travail -

12 Janvier 1946 - En opération toute la journée, à 3 Km S.O de Nhi Binh, avec appui de l’artillerie – Bien que des renseignements recoupés signalent une forte concentration rebelle, nous rencontrons relativement peu de résistance – L’adversaire, probablement impressionné par nos moyens, se fait insaisissable et protège simplement son repli – Découverte de nombreux tracts dans une pagode et d’une infirmerie clandestine dans l’après midi – Forte chaleur ; moustiques ; manque d’eau potable – Le P.C du commando est installé dans une riche catholique dont les propriétaires ont disparu – Bat flanc en marbre un peu dur – Toutes les routes, avec Saigon étant coupées, évacuations des blessés par des canonnières de la marine -



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